Mariage et partenariat enregistré
Il est utile de bien s'informer sur les possibles conséquences avant de contracter mariage.
L’antenne de conseil www.frabina.ch à
Bern a réuni dans sa brochure « Questions et pistes de
réflexion à l’intention des couples binationaux
» un catalogue de questions au sujet du mar
iage et de la communauté
de vie. Cette brochure peut être demandée gratuitement,
contre l’envoi d’une enveloppe de réponse timbrée,
format C5, directement auprès de frabina,
Laupenstrasse 2, 3008 Berne.
Pour de plus amples informations ou si vous souhaitez un conseil personnalisé,
veuillez vous adresser aux agences de consultation chargées
du conseil des familles et couples binationaux.
Le
droit matrimonial
Le droit matrimonial suisse est régi par le Code Civil Suisse
(CCS, art. 90 – 251). En tant que couple binational, vous
êtes soumis au droit matrimonial suisse dès lors que
vous avez votre domicile en Suisse.
Voici un résumé
des principaux droits et devoirs conjugaux selon la loi suisse :
Fondement ( Art. 159 CSS)
Les époux s’obligent mutuellement à assurer
la prospérité du couple et à pourvoir ensemble
à l’entretien et à l’éducation
des enfants. Ils se doivent l’un à l’autre fidélité
et assistance. Les époux sont égaux en droit et pondèrent
ensemble leurs intérêts personnels avec ceux du couple.
Droit de Cité (LN)
Dans un mariage binational, chaque partie garde sa nationalité. (Séjour)
Demeure commune (art. 162 CSS)
Les époux choissent ensemble la demeure commune. D’un
commun accord, il est également possible pour le couple de
fonder deux demeures.
Le bail du logement de la famille ne peut être résilié
que d’un commun accord ou avec l’accord exprès
du conjoint (Art. 169 CSS).
Changement important pour les couples binationaux
Avec l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les étrangers le 1.1.2008, les couples binationaux sont tenus de vivre en ménage commun jusqu'à l'obtention d'une autorisation de séjour, si l'époux étranger ou l'épouse étrangère est originaire d'un pays tiers. La vie commune est une condition nécessaire comme fondement du droit de séjour dans le cadre de la réunification familiale devenu! (art. 42 LEtr)
Cette exigence ne s'applique pas quand des motifs graves peuvent être invoqués et quand la communauté familiale est maintenue (art. 49 LEtr). Il reste à déterminer quels motifs graves seront reconnus (p. ex. violence domestique).
Sur son site Web, l'Office fédéral des migrations donne un aperçu des changements (www.bfm.admin.ch).
Entretien de la famille (art. 163 CSS)
Les époux contribuent ensemble à l’entretien
de la famille et conviennent de la façon dont chacun apporte
sa contribution, notamment par le travail rémunéré,
les soins qu’il voue aux enfants et le travail au foyer. Chacun
des deux, dans la limite des moyens du couple, a droit à
un montant à sa libre disposition au sens d’un argent
de poche. (Argent)
Devoir de renseigner ( art. 170 CSS)
Chaque époux peut demander à l’autre qu’il
le renseigne sur ses revenus, ses biens et dettes. Au besoin, ce
droit peut être réclamé par voie judiciaire,
comme p. ex. dans une procédure de protection de l’union
conjugale.
Protection de l’union conjugale ( art. 171 CSS et suivants)
Les droits découlant de l’union conjugale peuvent être
réclamés par voie judiciaire.
Suspension de la vie commune ( art. 175 CSS et suivants)
Un époux est fondé à refuser la vie commune
aussi longtemps que sa personnalité, sa sécurité
matérielle ou le bien de la famille sont gravement menacés
par ladite vie commune, p. ex. en cas de violence conjugale (Séparation
et divorce)
Nationalité (LN)
Lors d'un mariage binational, les deux parties gardent leur nationalité. (Séjour)
Régime matrimonial des
biens des époux
Le régime matrimonial des biens des époux régit
la propriété des biens pendant le mariage et la répartition
du patrimoine en cas de divorce ou de décès. Il existe
trois régimes matrimoniaux des biens:
| La participation aux acquêts
La communauté de biens
La séparation des biens.
|
En l’absence de contrat de mariage, les époux sont soumis au régime
matrimonial régulier de la participation aux acquêts.
Un contrat de mariage permet de convenir d’un régime
matrimonial des biens spécifique et – à l’intérieur
de limites clairement définies par la loi – adapté
aux besoins individuels. Un contrat de mariage peut être conclu
soit avant le mariage, soit après celui-ci ; il peut de même
être modifié au cours du mariage, sous réserve
du consentement mutuel des époux.
Participation aux acquêts ( art. 196 CSS et suivants)
Sous le régime ordinaire de la participation aux acquêts,
l’homme et la femme disposent chacun de son côté
de leurs biens propres. En cas de décès ou de divorce,
c’est-à-dire lors de la dissolution de la communauté
de biens, il y a cependant partage des économies constituées
au cours du mariage pour moitié, réparties entre l’homme
et la femme.
Communauté de biens (art. 221 CSS et suivants)
La communauté de biens doit être convenue dans un contrat
de mariage. On distingue entre le bien propre de la femme, le bien
propre de l’homme et les biens communs. Le contrat de mariage
règle au cas par cas l’appartenance des biens à
l’une ou l’autre catégorie de biens. En cas de
dissolution de la communauté de biens, les biens communs sont
répartis pour moitié entre les époux.
Séparation des biens (art. 247 CSS et suivants)
Le régime de la séparation de biens peut être
instauré par un contrat de mariage. De plus, il peut être
institué à la demande de l’une des parties par
voie judiciaire, ou, en présence de certaines conditions, contre
le gré des deux époux. Dans le régime de la séparation
de biens, l’homme et la femme n’ont pas de patrimoine
commun. Chacun reste le seul propriétaire de son bien propre.
Exception importante applicable aux couples binationaux
En tant que couple binational, vous avez la faculté de soumettre
votre mariage à la loi matrimoniale du pays d’origine
du conjoint étranger. Cet accord doit être conclu par
écrit. Faites-vous conseiller.
Pour plus d’informations concernant
les conséquences des différents régimes de
biens matrimoniaux, consulter le site internet www.bj.admin.ch
vous y trouverez la brochure « Droit matrimonial et droit
des successions – un guide à l’attention des
futurs époux et des conjoints », éditée
par le Département Fédéral de la Justice et
de la Police. Cette brochure comporte également un volet
d’informations sur le droit des successions.
Pour la conclusion d’un
contrat de mariage, nous vous recommandons de faire prendre conseil
auprès d’un professionnel compétent.
Quelques questions juridiques
relatives au mariage binational
Compétence et reconnaissance
A quelle loi le mariage binational est-il soumis ?
Un mariage binational est soumis aux dispositions de la loi fédérale sur le droit international privé (LDIP) www.gesetze.ch. Celle-di réglemente quel droit s'appliquer dans quel cas. Si le couple a sa demeure commune en Suisse, son mariage est par principe
soumis au droit matrimonial suisse, indépendamment de la question
de savoir où le mariage a été contracté.
Si les époux transfèrent leur domicile à l’étranger,
c’est le droit matrimonial du pays où ils s’installent
qui est applicable, sous réserve d’avoir fait les démarches
nécessaires dans ce pays pour faire reconnaître leur
mariage.
Reconnaissance d’un mariage binational
dans le pays d’origine?
Un mariage contracté à l'étranger est par principe reconnu par les autorités suisses, si le maraige n'a pas été contracté en contournant un empêchement du mariage existant en Suisse.
Pour la reconnaissance d’un mariage contracté à
l’étranger, veuillez vous adresser à la Représentation
Suisse (consulat ou ambassade) du pays dans lequel vous avez contracté
mariage. Vous trouverez l’adresse de la représentation
compétente sur le site internet
www.eda.admin.ch.
Pour la reconnaissance d’un mariage contracté en Suisse
dans le pays d’origine du conjoint étranger, veuillez
vous adresser à la représentation consulaire dudit pays
en Suisse. Vous trouverez l’adresse de la représentation
compétente sur le site internet
www.eda.admin.ch.
Contracter mariage
Contracter mariage en Suisse ou à l’étranger
?
La question de savoir si vous devez contracter mariage en Suisse ou
dans le pays d’origine du conjoint reste à la discrétion
des époux.
D’un côté, des souhaits personnels peuvent présider
au choix du pays. D’un autre côté, il peut être
très compliqué de se procurer les papiers requis pour
contracter mariage en Suisse, si bien que le mariage s’avère
plus facile dans le pays d’origine du conjoint. En revanche,
il peut s’avérer plus compliqué d’obtenir
la reconnaissance du mariage nécessaire au regroupement familial
en Suisse.
Selon le pays dans lequel le mariage a été contracté,
il convient de remplir un certain nombre de conditions préalables.
Mariage binational contracté à
l’étranger
Si vous avez décidé de contracter votre mariage à
l’étranger, vous devez vous renseigner sur les documents
à fournir et sur les formalités à accomplir dans
le pays en question. Pour ce faire et si vous avez votre domicile
en Suisse, veuillez vous adresser de préférence à
la représentation consulaire dudit pays en Suisse. Vous trouverez
les adresses correspondantes sur la page d’accueil de l’Office
Fédéral des Affaires Etrangères OFAE. Vous trouverez la feuille d'information de l'office fédéral de l'état civil sur ce sujet sous
www.eazw.admin.ch.
Mariage binational contracté en Suisse
Conditions préalables au mariage
Selon la Loi suisse, vous pouvez contracter mariage si vous êtes
majeur – c’est-à- dire à partir de l’âge
de 18 ans révolus – ou, pour les personnes mises sous
tutelle, avec l’accord du tuteur (art. 94 CSS).
Aucun empêchement légal ne doit s’opposer au mariage
(p. ex. un mariage existant).
En Suisse, le mariage doit être contracté par-devant
un officier de l’Office de l’Etat Civil. La cérémonie
religieuse ne peut être accomplie qu’après le mariage
civil (art. 97 CSS alinéa 3).
Le mariage peut être célébré dans la commune
d’état civil de votre choix (art. 97 CSS alinéa
2). Si vous ne souhaitez pas vous marier dans la commune de votre
domicile, celle-ci délivre une autorisation de célébrer
le mariage une fois la procédure préparatoire accomplie.
Ressortissants suisses
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Fiche d’état civil (à demander auprès
de l’office de l’état civil de la commune
d’origine)
Permis de séjour ou attestation de domicile (à
demander auprès de l’Office de Contrôle
des Habitants)
Passeport ou carte d’identité
|
Ressortissants étrangers
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Attestation de domicile (permis de séjour de l’étranger)
Acte de naissance portant mention des parents
Passeport ou certificat de nationalité (à demander
dans le pays d‘origine)
Fiche d’état civil (portant mention de l’état
civil, d’une éventuelle ordonnance de divorce
ou de l’acte de décès d’un éventuel
conjoint décédé)
Les personnes bénéficiant du statut de réfugiés
reconnus ou de demandeur d’asile sont tenues de présenter,
en lieu et place du passeport ou de l’attestation de
nationalité, une attestation récente documentant
leur qualité de réfugié ou de bénéficiaire
d’asile politique.
|
En fonction du pays d’origine, les autorités suisses
réclament une vérification des documents à fournir
en vue du mariage par le pays d’origine du conjoint étranger.
Cette vérification peut prendre un certain temps et nécessiter
le versement d’une avance sur frais à l’office
d’état civil compétent.
Les documents requis ne doivent pas dater de plus de six mois au moment
de leur production et doivent être rédigés dans
l’une des langues nationales de la Suisse.
Si vous êtes tenu de faire traduire vos documents, renseignez-vous
auprès de l’office d’état civil sur les
contenus à faire traduire. La traduction doit être légalisée.
Ce type de service est proposé par un grand nombre de bureaux
de traduction.
Il s’avère utile de prévoir un délai suffisant
pour l’obtention et la traduction des documents nécessaires.
Depuis peu, les officiers de l'Etat civil sont autorisés et tenus d'examiner l'existence d'un mariage blanc. Si un mariage blanc est soupçonné, ils peuvent refuser le mariage. Est considéré un mariage blanc le fait que le couple désirant se marier contracte le mariage uniquement ou principalement afin de contourner les dispositions en matiére de droit de séjour. Les officiers de l'Etat civil sont tenus de vérifier le statut de séjour des ressortissants étrangers et, en cas de soupçon, de prouver la possibilité d'un mariage blanc en interrogeant les futures époux (séparatement), les autorités e les tiers.
Préparation du mariage (art. 98-99 CSS)
Muni des documents requis, veuillez vous présenter en personne
à l’office d’état civil de la commune de
votre domicile. L’office d’état civil vérifie
les documents et constate si toutes les conditions requises pour le
mariage sont remplies. Cette vérification est payante. Renseignez-vous
auprès de l’office d’état civil compétent
sur le montant des coûts encourus. Sachez également que
cette procédure peut prendre un certain temps.
Une fois tous les documents nécessaires réunis, la phase
préparatoire est clôturée et le couple se voit
notifier les délais légaux à courir avant le
mariage. Le mariage peut être célébré au
plus tôt dix jours après la date de clôture de
la procédure préparatoire et au plus tard trois mois
après cette date.
Si la présence en personne des intéressés à
l’office d’état civil compétent des époux
n’est pas possible ou imposerait des contraintes à l’évidence
inacceptables, p. ex. parce que votre futur conjoint séjourne
à l’étranger, vous pouvez demander l’autorisation
d’accomplir la procédure préparatoire par écrit.
Dès que la procédure préparatoire est entamée,
vous pouvez formuler, en votre qualité d’étranger/étrangère,
auprès d’une Représentation Suisse à l’étranger
(Consulat ou Ambassade), ou bien, si vous séjournez déjà
en Suisse, auprès de la Police des Etrangers (Service de la
Migration), une demande d’immigration et d’octroi d’un
permis de séjour à durée déterminée
en vue d’accomplir les préparatifs du mariage. La même
raison vaut pour la formulation d’une demande de prorogation
d’un visa de touriste.
Important: Si vous voulez demander la prolongation d'un visa ou l'octroi d'un visa en Suisse, vous devez le faire à temps avant l'expiration de votre autorisation de séjour en vigueur!
Avec l'introduction de la nouvelle loi sur les étrangers (LEtr) en 2008, les autorités auront la possibilité de refuser le mariage en cas d'un abus de droit évident et de révoquer ultérieurement un mariage conclu.
Nom de famille
Dès avant de contracter mariage, le couple doit décider
du futur nom de famille. A défaut de stipulations spécifiques
et en l’état actuel du droit, la famille porte le nom
de l’homme. En revanche, si vous choisissez le nom de la femme
comme nom de famille, il faut formuler une demande d’autorisation
auprès du gouvernement du canton d'origine.
Ni l’homme ni la femme n’ont besoin de renoncer à
leur nom d’origine : ils peuvent faire précéder
leur nom marital de leur ancien nom de famille (sans trait d’union,
p. ex. Meunier Durant), sous réserve d’avoir déposé
la demande de porter un double nom dès avant de contracter
mariage auprès de l’office d’état civil.
Une autre possibilité consiste à faire suivre le nom
marital de l’ancien nom, dans ce cas avec un trait d’union
(Durant-Meunier). Ce nom dit nom d’alliance n’est pas
officiel, mais il peut être inscrit dans le passeport ou dans
la carte d’identité sur demande.
Important : Les couples binationaux peuvent faire une déclaration
spécifique, visant à soumettre le choix du nom marital
au droit du pays d’origine du conjoint étranger. Dans
ce cas, le nom est inscrit dans le registre de l’état
civil suisse de manière analogue à celui inscrit dans
le registre d’état civil du pays d’origine.
Vous trouverez une feuille d'information concernant l'utilisation des noms après le mariage en Suisse sous www.bj.admin.ch.
Cérémonie du mariage
La cérémonie est publique et doit se dérouler
en présence de deux témoins majeurs et capables de discernement.
Si les futurs époux répondent par l’affirmative
à la question de savoir s’ils souhaitent contracter mariage,
le mariage est déclaré contracté par consentement
mutuel.
Si vous ne vous mariez pas à l’office d’état
civil de votre commune de résidence, vous devez présenter
l’autorisation de célébrer le mariage à
l’office d’état civil de votre choix (autorisation
à demander auprès de l’office d’état
civil de votre commune de résidence).
Vous trouverez une brochure détaillée concernant le
mariage binational sur la page d’accueil de la Commission Fédérale
des Etrangers à l’adresse internet
www.eka-cfe.ch.
En cas de problèmes ou de questions liés au mariage,
veuillez vous adresser à l’Office Fédéral
de l’Etat Civil à l’adresse
www.eazw.admin.ch, aux autorités cantonales ou à
l’une des agences de consultation chargées du conseil
des couples binationaux.
Partenariat enregistré
L'objectif de l'introduction du partenariat enregistré est de permettre aux couples du même sexe de protéger leur relation. En outre, la reconnaissance par l'Etat des couples du même sexe doit contribuer à éliminer les discriminations et à diminuer les préjudices. Conformément à la nouvelle loi (en vigueur depuis le 1.1.2007), les couples du même sexe peuvent se faire enregistrer au bureau de l'état civil de leur lieu de résidence et s'unissent ainsi dans une communauté de vie avec des droits et obligations clairement définis www.zivilstandswesen.ch.
Un partenariat valablement enregistré à l'étranger est reconnu en Suisse s'il correspond aux principes juridiques suisses. Un mariage homosexuel étranger est reconnu comme un partenariat enregistré.
Le partenaire étranger dans un partenariat enregistré peut demander un permis de séjour B.
La possibilité d'une naturalisation facilitée n'est pas prévue pour l'instant.
Vous trouverez la loi fédérale sur le partenariat enregistré entre personnes du même sexe sur www.admin.ch. Informations supplémentaires concernant le partenariat enregistré et feuille d'information sur le partenariat enregistré: www.lsbk.ch.
Groupe d'aide pour les couples cinationaux: www.pinkcross.ch
Contrat type pour les couples: www.pinkcross.ch
Dernière révision du contenu en julliet 2008